Ça devait être une sortie raquettes au col des Arazures,
Mais il n’y avait pas de neige et encore moins d’azur,
Alors, le grand Germinal (alias Laurent Ribas) n’a fait
Ni une ni deux, sans se décoiffer,
Plus génial que Miles Davis, il a joué l’impro,
Un vrai travail de pro !
On s’demande pourquoi on passe tant de temps
(J’avais d’abord écrit temps de tant !)
A confectionner un beau programme
Qui pèse bien des grammes !
Depuis le port de Castet,
Dans le brouillard on est monté,
Sur le tapis de feuilles de la hêtraie,
Parfois jusqu’aux cuisses enfoncé .
On est arrivé à la cabane non fermée
De Couscouilha qu’elle se nommait.
Passons sur les jeux de mots douteux
A propos d’attributs noueux
Ou de plats orientaux savoureux.
En fait elle a pris le nom béarnais
De l’occidental Genêt
Qui tapisse les pentes acérées
D’un jaune printanier,
Plante maudite des bergers
Qui cherchent à l’incendier
Pour essayer d’empêcher
Qu’elles rendent leur moutonnée
Complètement déglinguée.
Mais ce jour arrosé,
Il n’y avait brebis ni berger.
Pourtant la cheminée fumait.
Un couple énamouré
Avait entendu parler
D’une cabane esseulée !
On a laissé trois de nous seize
Pour entretenir les braises.
On est monté vaille que vaille
A l’assaut du Mail.
Il lui manque le « h »
Mais pas les pierres lâches,
Les arres et les dolines
Qui couvrent ce pic éponyme.
Une lourde neige s’est mise à tomber
Que le vent sur nos visages a fouettée.
Le paysage est devenu tout blanc
Comme robe de pénitent.
Photo officielle des rescapés du Mail,
Personne ne défaille !
Glissades çà et là,
Nous revoilà en bas.
La cabane, à peine un cagibi,
S’est encore remplie,
Y’a un peu de gêne
Sans manque d’Oxygène (1).
A la chaleur du feu,
Les vêtements sont fumeux.
Les plus frileux, peu fiers
Alternent le devant et le derrière.
La ventrèche bien grillée,
Les bouteilles vite vidées,
Les conversations échauffées
Et les chants ont fusé.
Quelques pas de danse maladroits,
Le temps s’arrête en cet endroit,
Vaisseau de pierre échoué
Dans ces espaces désertés.
Pourtant il faut penser
Nos pénates regagner.
Les nuages sont dispersés,
La neige est sur les sommets,
Soulignant de blanc
Les arbres accrochés aux flancs.
Les feuilles et la terre mouillée
Font quelque peu glisser,
Mais plus il en faudrait
Pour l’ambiance entamer.
On n’est pas prêt d’oublier
Cette rando improvisée !
(1) Nom de l’association qui a partagé la cabane avec nous










