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Le BALAÏTOUS (3 146 m)

Le BALAÏTOUS (3 146 m)

Nous savons qu’il fut vaincu en 1825 par les Officiers Géodésiens, les Lieutenants Peytier et Hossard.

Ensuite, ce qui parait invraisemblable, c’est l’oubli complet dans lequel cette montagne de premier ordre, difficile, dangereuse, a pu tomber.

Comme dirait plus tard Russel, les Géodésiens s’attaquaient au plus formidable Pic des Pyrénées : le Balaïtous mystérieux, le Cervin des Pyrénées, amas de précipices et d’arrêtes réunis par un nœud qui est la cime et un observatoire sublime.

En effet le Balaïtous se montre peu ; il est éloigné de tout et demande une très longue marche d’approche ; il était négligé, peu mentionné.

Il fallut attendre 1864, moment où les grands Pics tout neufs se faisaient rares, pour que Charles Packe et le Comte Henry Russel réussissent à le vaincre et à en faire des relations détaillées.

Le Balaïtous (Bat-Laytouse ou vallée laiteuse) possède de splendides voies d’escalade, aériennes, difficiles comme la Nord-Occidentale ou la traversée intégrale de l’arrête de Costérillou et de la Crête du Diable etc.

C’est le sommet « roi » par excellence de la région Arrens Val d’Azun. Comme disait Georges Ledormeur qui l’escalada plus de trente fois, c’est bien l’une de nos plus belles montagnes.

Le Balaïtous est un fantastique nœud d’arrêtes :

Au nord :

  • La Nord-Occidentale, celle qui fut vaincue en dernier (nous en parlerons un peu plus loin).
  • L’arrête du Pabat, avec la brèche Peytier-Hossard, le Pic Rouge, le Sintesnères, et le Petit-Balaïtous.
  • Le Boulevard Packe et l’Arrête de la Garenère.

A l’est :

  • La Crête de Costerillou jusqu’au Pic Soulano, qui se prolonge au sud par la Crête du Diable jusqu’au Gavizo-Cristail et qui remonte par la Brèche Las Néous jusqu’au Pic des Cristayets et la Picasse de Labassa.

A l’ouest :

  • La crête des Passes de la Baranne qui mène au Pallas

Au Sud :

  • Les Frondellas, avec la Brèche Latour, le Pic Anonyme, l’Arrête Wallon.

Image1

Les Pics de la Lie, de Batbielh, les Pourgadous séparent nettement le Balaïtous du Val lacustre de Migüelou, accessible depuis le plan d’Aste. A partir du lac on peut prolonger la course et monter droit au nord sur la crête du Pic Arrouy ou monter plus au sud sur la crête du Pic Cadier ou du Batboucou.

Le panorama est superbe ; la vue s’étend du Gabizos jusqu’aux chaines du Pic du Midi de Bigorre.

De là, le Balaïtous, sortant d’un seul jet des abimes qui l’entourent, est de toute beauté, ainsi que le Pallas, le Massif du Marcadau, le Vignemale et le massif calcaire du Mont-Perdu.

Mais, afin de se rendre compte de l’immense architecture de ce Pic, le belvédère le plus remarquable est certainement le Cristayets. C’est de là qu’il faut regarder les hallucinantes parois nord du Balaïtous qui s’élèvent à la verticale au-dessus du glacier de Las Néous, parfois zébré de crevasses.

 RÉCIT PAR RUSSEL DE SA 1ere ASCENSION AU BALAÏTOUS

LE 25 SEPTEMBRE 1864

Souvenirs d’un montagnard Tome I

 24 09 1864
Départ d’Argelès-Gazost – de très bonne heure- et à pied. Déjeuner chez Loret à Arrens. Préparatifs de l’expédition : achats de vivres pour plusieurs jours. Guide : le père Gaspard (le guide de Packe)

  • Packe, une semaine auparavant et après un premier échec en 1862, avait réussi à atteindre le sommet. Russel, sans doute, avait eu connaissance de l’exploit de Packe et voulait le renouveler. Il prend le guide de Packe, le père Gaspard, à Arrens.

A 1 heure d’Arrens, apparaît le Pic Balaïtous. Interminable Vallée d’Azun.

A 2 h 30 d’Arrens : étang poissonneux de Suyen (1 539 m) où se trouve une cabane de pêcheur.

Cabane de Doumblas (1 580 m). Là, abandon de la vallée d’Azun. S’élever “très sérieusement” à l’ouest, dans une gorge granitique, bruit de torrent, cascades écumeuses étonnantes, pelouses, sapins, 2 petits lacs verts.

A 3 h 30 d’Arrens : chaos de l’Arribit, blocs énormes au nord du Pic, Russel va passer la nuit sous un rocher prodigieux : la toue de l’Arribit (1 800 m environ).

25 09 1864
L’aurore a paru. Rouge est e front du monstre. Pentes douces et gazonnées au sud-ouest.

Au bout de ¾ d’heure de marche : plateau. Pauvre petite cabane où l’on pourrait aussi passer la nuit : mais il n’y a pas de bois et elle se trouve à 2 000 mètres d’élévation, c’est grave. (S’agit-il de la cabane de berger d’où le berger Pome, d’Arrens, ravitailla en 1825, avec de la pâte, les Officiers Géodésiens exténués descendant du Balaïtous ?)

A 20 min de la cabane, plus haut, traverser la brèche étroite (c’est la Garenère) derrière laquelle Russel pénètre dans le vallon glacial et nu de “Batcrabère” “tout plein de petits lacs et qui descend du sud au nord”.

Passer une centaine de mètres au-dessus des petits lacs de Batcrabère.

Entrer en Espagne par la Hourquette de la Barane (2 584 m). Aller presque horizontalement E-S-E.

Passer près d’un rocher cyclopéen que Russel appelle « Rocher du Déjeuner » (2 708 m environ).

Attaquer N-N-E couloir pierreux très raide. Au haut du couloir, tourner à droite : on se trouve bientôt sur une arête vertigineuse, étroite et disloquée “qui semble escalader les nues, car, nous n’en voyons pas la fin”.

Et c’est alors la fameuse phrase de Russel : « Est-il vraiment possible de monter là ? Oui, mais, à mon avis, c’est le plus mauvais pas des Pyrénées ». De chaque côté de cette arête etc…etc. Il s’agit sur cette arête d’une demi-heure de gymnastique.

Sommet – temps superbe – vue grandiose – Agos…

Descente par la terrible arête de l’ouest. Petits lacs d’Ariel – Sallent dans la nuit (5 h du sommet) en marchant « assez vite ».

Henry Russel

AVANT LA DEUXIÈME ASCENSION DU BALAÏTOUS PAR LAS NEOUS
(En réalité par la terrasse Garspard-Salettes)

En 1870, Russel est aux Eaux-Bonnes. Il rencontre le fameux guide Orteig qui flâne. Ils causent. Ils parlent montagne.

Que dit Orteig ? Qu’il a trouvé un chemin nouveau pour arriver au Pic par l’est et le glacier inexploré de Las Néous. Russel est électrisé, il prend feu. Orteig était-il arrivé au sommet par cette voie ? Orteig ne donne et n’a jamais donné aucun détail sur cette voie. Le doute demeure quant à la première ascension du Balaïtous par Las Néous au bénéfice d’Orteig.

Orteig

Ce qui est sûr, c’est qu’il a découvert, de près ou de loin, cet itinéraire, et qu’il le révèle généreusement à Russel au cours d’une conversation, en 1870, aux Eaux-Bonnes.

Sans aucun retard Russel va utiliser cet itinéraire. Russel aime-t-il les premières ?

Il part d’Argelès, le dimanche 12 juin 1870 –à pied- avec 2 jours de vivres et le sac à dormir. Grande chaleur.

C’est durant cette campagne – du 12 juin 1870 au 16 juin 1870- que Russel réalisera sa deuxième ascension du Balaïtous.

L’ARÊTE NORD-OCCIDENTALE DU BALAÏTOUS

Première ascension le 8 août 1932
Par Henri LAMATHE, Henry LE BRETON, Jean SENMARTIN

Aiguille Henri Lamathe

Peu avant le Val d’Azun, près d’Agos-Vidalos, on aperçoit distinctement le sommet du Balaïtous et, à l’ouest, l’arête Nord-Occidentale avec l’Aiguille Henri Lamathe.

Aux alentours de 1930 le Balaïtous était un sommet mythique et, pour les jeunes grimpeurs de l’époque, cette arête et son aiguille attiraient leur convoitise. Plusieurs avaient échoué, comme les frères Cadier, Fauchay etc.

C’est la cordée lourdaise qui allait l’emporter et continuer dans les Pyrénées Centrales explorations, conquêtes et premières. Peu après ils vaincront le Couloir de Gaube, la Crête du Diable, la face Nord du Mont-Perdu, l’Arête de Costerillou, le Pic Rouge de Pailha par l’Arête d’Allanz, le Pènemedaa en traversée Nord-Sud, le Capucin d’Orlu, etc.

Ils seront à l’origine de la fondation du GPHM (Groupe Pyrénéen de Haute Montagne).

Récit de la course par Henri Lebreton (voir revue La Montagne juin 1933)

Récit de la fondation du GPHM – juillet 1933- (voir revue Altitude N°38 par Robert Ollivier)

                                                                                      Francis Lamathe

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