Plante du mois de janvier : L’Hellébore Helleborus viridis et Helleborus fœtidus  (Renonculacées)

Qui est-il ?
L’Hellébore est plus connu sous le nom de « Rose de Noël »: il s’agit là de l’espèce « Helleborus niger » (Hellébore noir) très prisé chez les fleuristes au moment des fêtes de fin d’année. Pourquoi noir, direz-vous puisqu’il s’agit le plus souvent d’une belle fleur blanche ? A cause de sa racine, noire évidemment,  qui la différencie de ses cousins, l’Hellébore vert (ou Herbe à séton) et l’Hellébore fétide (ou Pied de Griffon).
Précisons tout de même que ce surnom de « Rose » lui est attribué à mauvais escient puisqu’il n’appartient pas à la famille des roses mais à celles des renoncules.

Comment le reconnaître ?
Lors de vos balades pyrénéennes, vous ne trouverez pas de Rose de Noël, espèce cultivée et excessivement rare à l’état sauvage dans les Alpes mais vous rencontrerez sûrement l’Hellébore vert et l’Hellébore fétide, le premier étant très courant. Ce sont des plantes dont on remarque facilement les belles feuilles composées, d’un vert foncé luisant et les élégantes fleurs verdâtres, toujours penchées pour se protéger des intempéries. Elles donnent à maturité de 2 à 10 carpelles terminés par une pointe, où se logent des rangées de graines.
Pour les différencier, observez la bordure des « pétales », rougeâtre chez l’Hellébore fétide.
Pour les botanistes, précisons que leurs fleurs possèdent une architecture particulière : elles sont constituées de 5 sépales verdâtres qui protègent 5 à 10 minuscules pétales en forme de cornets, gorgés de nectar et masqués par les étamines.

Où le rencontrer ?
Ces deux plantes poussent dans toute la France et sont donc visibles en plaine. S’ils ornent les bords de chemin dans les bois, les Hellébores aiment bien aussi les escarpements rocailleux et les éboulis de toutes sortes jusqu’à l’étage subalpin (2000 m).

Qu’en faire ?
Qui ne se souvient de ce vers de La Fontaine dans la bouche du lièvre qui juge la tortue comme une aliénée mentale quand elle prétend gagner la course ?

« Ma commère, il faut vous purger avec quatre grains d’Ellébore ».

La suite nous prouve qu’elle avait toute sa tête et aujourd’hui, nous savons qu’elle a bien fait de ne pas user de ce remède reconnu comme vénéneux. A cause de sa toxicité, tous les usages en ont été abandonnés.

Hellébore viendrait du grec « helein » (qui tue) et « bora » (pâture), ce qui nous met évidemment en garde contre cet empoisonneur, digne représentant de sa famille, les renonculacées.

A l’époque de La Fontaine, et ce depuis l’Antiquité, la plante était cependant utilisée pour les désordres mentaux et nerveux.

En conclusion, lorsque vous rencontrerez les Roses de Noël sauvages, contentez-vous de les admirer et vous réaliserez qu’elles n’ont rien à envier en beauté à leurs cousines cultivées.

 

 Dany Roussel