S’il y a un site malheureusement méconnu dans les Sept Vallées du Lavedan, et en particulier dans le Val d’Azun, c’est bien Poueylaün.

La Vallée d’Azun est une des moins connues et cependant l’une des plus pittoresques des Pyrénées.

C’est au fond du vallon, à Arrens, que se dresse le sanctuaire, se détachant d’un cadre de monts sublimes, sur un mamelon semblable à un piédestal, sur la route qui conduit vers le sud au village de Sallent, en Espagne.

Il est environné par le Pic Rouge, le Pic du Midi d’Arrens, le Pic d’Arrieugrand. Il est actuellement adossé à un ancien sanatorium qui, malheureusement, le défigure totalement.

Les origines sont lointaines et méconnues.

Dès le Moyen Age, le sanctuaire était un grand centre de pèlerinages. Il y eut à cette époque un intense mouvement religieux et un afflux de pèlerins qui allaient vers l’Espagne à Notre-Dame del Pilar à Saragosse et à Saint Jacques de Compostelle.

Entre les vallées Aragonaises et le Val d’Azun, il se faisait alors un trafic intense, commercial et religieux. Il était plus aisé de se rendre dans les vallées aragonaises que dans les plaines de Bigorre. A l’approche des cols (ou ports) se trouvaient des asiles qui recueillaient les voyageurs et à proximité un oratoire. A Arrens, ce fut donc Poueylaün qui a été, pendant longtemps appelé l’Hospitalet.

La chapelle actuelle est du style Renaissance.

Ce qui frappe en entrant dans cette chapelle, c’est l’aire qui a été taillée sur le roc, en forme d’amphithéâtre, afin de permettre aux personnes qui se trouvent à l’extrémité de l’église de voir plus facilement l’autel.

Effectivement, à l’intérieur, cette chapelle, si justement baptisée « la Chapelle Dorée » ne laisse pas d’être séduisante avec ses riches boiseries étincelantes d’or. Colonnes, sculptures, statues, tout est brillant d’or.

On admirera le magistral retable du Maitre-autel, avec ses quatre magnifiques colonnes torses ornées de pampres et son fronton où resplendit une Assomption. Les retables des chapelles dédiées à Sainte Anne et à Saint Joseph complètent à merveille un ensemble dont la valeur artistique est incontestable.

Quelques personnages illustres visitèrent et s’intéressèrent à Pouylaün.

En 1792, Ramond de Carbonnières, député à l’Assemblée Législative, Conseiller d’Etat, membre de l’Institut, séjourne dans les Pyrénées avec le Cardinal de Rohan.

Le Cardinal, trop crédule, a trempé dans l’Affaire du Collier ; il fait l’objet d’une disgrâce royale.

Ramond  en profite pour visiter les Pyrénées et se rendre dans le Val d’Azun.

Au début du XIXe siècle, Poueylaün reçut la visite de la Reine Hortense de Beauharnais à qui l’on doit la réouverture de la chapelle, en 1808, fermée depuis la Révolution.

Reine Hortense

La Duchesse d’Angoulême visita la vallée d’Azun et la chapelle de Pouelaün. Elle était la fille ainée de Louis XVI et de Marie Antoinette ; elle avait épousé le Duc d’Angoulême, fils ainé de Charles X.

Pendant de nombreux siècles, Arrens resta une très grosse agglomération. Au XVIIe siècle, Arrens comptait trois mille habitants, un curé, deux vicaires, une douzaine de prêtres  « prébendés » et deux notaires.

Il suffit pour s’en convaincre de lire les Mémoires de Germain d’Antin d’Ourout au sujet de la terrible peste qui se produisit au cours des années 1652 et 1653 dans tout le Labéda . Il estime qu’il mourut mille trois cents personnes à Arrens, sept cent cinquante à Marsous, quatre cent trente à Aucun, vingt six à Arras.

Il faut savoir également qu’Arrens possédait deux grands marchés par semaine, les lundis et les vendredis.

Notre-Dame de Poueylaün est toujours restée la protectrice de la vallée. Le grand pèlerinage d’Azun avait lieu le 15 août de chaque année.

 

N.B. Pour visiter, il suffit de demander la clef à l’Office du Tourisme d’Arrens (Maison du val d’Azun). L’été, il existe des visites guidées.

                                                                          

                                                                                  Francis Lamathe