15 septembre 1975

Quelques hardis montagnards déambulent ce jour là dans un brouillard épais et dans le froid avant d’apercevoir le refuge du lac d’Ilhéou enveloppé d’une fine couche blanche ; il était presque invisible dans cette atmosphère ouatée.

Nous sommes au moins quatre-vingt.

Nous avons tous un point commun : honorer le souvenir de celui qui nous a quittés.

Le nom de Raymond Ritter va être donné au refuge du lac d’Ilhéou.

Comme ceux des grands sites pyrénéens qui ont nom : Packe, Russel, Baysselance, Wallon ou Ledormeur.

C’est un hommage à celui qui fut l’amoureux des hautes montagnes pyrénéennes, le défenseur d’une nature vierge, un pionnier en faveur du Parc National et le fondateur des Amis du Parc National.

Il peut être remercié pour cette réussite due à son courage, sa ténacité, son enthousiasme et sa fougue littéraire dans les différentes revues pyrénéennes.

Il voulait que la fréquentation de la montagne se fasse intelligemment et avec respect. Il ne la considérait pas comme un prétexte aux exploits sportifs et voulait que cette nature vierge soit ouverte au plus grand nombre.

Quand Monsieur Chimits, directeur du Parc, dévoila la plaque commémorative nous avions tous compris sa pensée profonde : parcourir la montagne non pas seulement avec ses jambes mais surtout apprendre à la comprendre, l’aimer et mieux la connaitre.

On peut préciser qu’il fut un historien du XVIe siècle, un conférencier de talent et un hispanisant passionné.

 Il faut également rappeler ce qu’il nomma « l’œcuménisme pyrénéen », peut-être son testament, dans un but de compréhension et de rapprochement mutuel des peuples pyrénéens des deux côtés de la frontière.

C’est sans doute ce que nous garderons d’essentiel de sa part : faire des Pyrénées une unité vivante, incontestable, la montagne rapprochant au lieu de séparer.

Francis Lamathe

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